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Les Mamans du Soleil

Association Humanitaire Médicale au Niger
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Découvrez l'incroyable histoire de Fatima "Echappée Belle"

PostDateIconMardi, 01 Septembre 2009 21:10 | Array Imprimer Array  Envoyer

Dans le monde, une femme meurt toutes les minutes de complications de la grossesse et de l'accouchement ... 99% d’entre elles sont des femmes africaines. Pour certaines de
ce femmes africaines qui vivent en brousse, l'
accouchement
est un parcours du combattant, et nombreuses d'entre elles
y laissent la vie.

Le récit qui suit est celui de Fatima, une de ces femmes qui
ont échappé de justesse à la mort et que l'on appelle "Echappée belle". Il a été recueilli à l'hopital d'Agadez au
cours d'une des missions des Mamans du Soleil en Fevrier 2009.

Ce récit a été enregistré et retranscrit tel quel, ce qui lui donne une dimension humaine indéniable et permet à lui
tout seul d'identifier la plupart des problèmes à l'origine
de cette mortalité maternelle excessive :

  • contexte culturel: manque d'information des femmes
    sur la nécessité
    de consulter, peu de campagne de prévention;

  • contexte géographique: éloignement des structures d'accouchement et difficultés pour trouver un véhicule;

  • contexte politique: absentéisme et formation insuffisante
    du personnel
    de santé, mauvais état des routes;

  • contexte financier: aucune prise en charge financière, pauvreté.

Si Fatima n'a pu sauvé son bébé, elle a eu la chance de
sauver sa vie. Les Mamans du Soleil travaillent à sensibilier
les femmes nigériennes sur la nécessité de
faire des consultations prénatales, d'accoucher en milieu assisté,
et la prescription de contraception et de Fer.


"Echappée Belle"


Ce terme qualifie des
femmes qui ont
échappé à la mort suite
à des complications
obstétricales graves
survenues pendant
la grossesse,
l’accouchement ou
dans le post-partum
immédiat.

Les femmes
"Echappées Belles"
sont identifiées
selon cinq complications
majeures (anémies
sévères, dystocies, hémorragies,
infections et maladies hypertensives)
pour lesquelles des
critères
ont été définis.


2006-11-12 Niger3 101

"Je m'appelle Fatimata Kansa, j'ai 28 ans, j'ai eu 5 grossesses et 4 enfants vivants. J'habite près de Tiguidat dans la région de Ingall (à environ 400 km d'Agadez).

Le 1er jour j’ai commencé les douleurs la nuit. Je n’ai informé ma mère que le lendemain matin, j’avais déjà perdu de l’eau depuis 6 jours et cela personne ne le savait. Je n'ai rien dis, c’est une grossesse il ne faut pas tout dire. Tout le monde dormait dans le village. Je n’ai rien dit à personne jusqu’au matin. Le matin, j’ai informé ma mère. Les voisins ont appelé un chauffeur, le propriétaire du véhicule est le chef de tribu.

Nous avons quitté vers 8 heures et nous sommes arrivés à Tiguidat vers 11 heures. Les matrones, des femmes, m’ont examinée et elles ont dit que je suis en travail d’accouchement. Elles m’ont fait des injections et les douleurs ont cessé. Je me suis alors endormie toute la nuit. On a passé la nuit à Tiguidat, et ma mère a voulu retourner au village pour emprunter un peu d'argent et vendre 3 chèvres.

Finalement, quelqu’un, un parent, nous a donné 5 000 francs. Puis un ami de mon beau père nous a donné 10 000 francs. Un autre parent, le petit frère du mari à ma grande soeur, nous a donné 20 000 francs. Ma grande soeur a donné 2 000 francs. Nous avons eu au total 37 000 francs. (33 000 francs CFA = 50€).

Le matin du 2e jour,
un lieutenant des Forces Armées a téléphoné au chef de poste administratif d’Ingall (80km de Tiguidat) pour l’informer qu’une femme enceinte est malade. Mais le véhicule n’est pas venu et on a perdu tout espoir. Vers 14 heures, on a pris un camion, gros transporteur de bagages, qui se rendait à Ingall emmenant le sel. Alors, en cours de route, nous avons croisé le véhicule du commandant d’Ingall qui venait nous chercher avec le major du CSI. Avant d’arriver à Ingall, un ressort du véhicule est cassé. Le major du CSI d’Ingall a téléphoné avec son portable au CSI et l’ambulance est venue à notre rencontre. Nous sommes arrivés à Ingall vers 20 heures, après la prière de Icha.
Au CSI, le major et une femme m'ont examinée : il a dit que je dois continuer sur Agadez, car je ne peux accoucher qu’à Agadez. Il ne nous a pas expliqué pourquoi. Ils m’ont mis un tuyau pour vider ma vessie parce que je n’arrivais pas à uriner. Selon lui, l’enfant est trop remonté dans le ventre et qu’il ne vit plus. Nous avons passé la nuit à Ingall.

Le 3ème jour, ils m’ont placé un tuyau au bras avec de l’eau (perfusion) jusqu’à Agadez ; c’est l’ambulance qui nous a transportés, nous avons payé 35 000 francs de frais d’essence (environ 50€). Nous avons quitté Ingall vers 8 heures et nous sommes arrivés à Agadez vers 10 heures ; le soleil n’était pas encore haut".


"
Moi, et chez nous tous, là bas au village, ce que nous avons jusqu’ici
compris, c’est qu’il ne faut pas donner de médicaments aux femmes enceintes,
c’est pourquoi, nous évitons les agents de santé. Accoucher à domicile
nous permet d’éviter les gens de la santé.

Maintenant, moi j’ai compris le contraire, c’est pourquoi, je conseille
les consultations pendant les grossesses, pour recevoir pendant ces
consultations ce qu’il faut faire et ce qu’il faut recevoir".



 

Les Mamans du Soleil - BP 20484 - 74164 St Julien En Genevois - FRANCE